Manifestations

Les manifestations monstres qui ponctuent l’année 1968 ont également marqué l’imaginaire collectif et créé l’impression d’un ordre chamboulé. Dans le Calvados, deux grandes manifestations sont particulièrement spectaculaires. La première a lieu le 26 janvier à Caen et rassemble notamment les ouvrières et ouvriers de la Saviem, de Jaeger et de la Sonormel en grève ; elle dégénère fortement et de nombreux spectateurs qui assistaient au théâtre ce soir-là à un concert de Serge Reggiani se trouvent mêlés aux échauffourées en sortant du spectable. La seconde, le 13 mai 1968, rassemble de nombreux étudiants et ouvriers et marque une rupture. À partir de cette date, les grèves s'étendent à toute la France. Dans le Calvados, on dénombre près de 70 000 grévistes (secteur privé et services publics) fin mai.

Pénuries

Les grèves et occupations d’usines ont commencé mi-mai et partout en France. Dès la quatrième semaine de mai, certains produits, tels que les denrées alimentaires, l’essence et des fournitures industrielles, commencent à se raréfier. Les entreprises ont des difficultés à être approvisionnées. Les populations, inquiètes, se précipitent sur des produits alimentaires de base (sucre, huile, pâtes, conserves). Cette situation a une grande conséquence sur la perception du conflit dans l'opinion. Elle met le pays à l'arrêt et créé un sentiment d'irréalité, l'impression d'un moment hors du temps.
La Préfecture prend des mesures de contrôle puis de rationnement des stations-service pour en garantir l’approvisionnement.
Début juin, l’essence revient. Avec elle, l'impression d'une reprise du cours normal des choses s'impose. La pénurie s’éloigne. 

Image d'en-tête : voitures à Caen, 1968, Archives municipales, 8fi/2683

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